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​​​​​     Madère, terre surgie du fond des eaux, mirage en suspens entre ciel et mer ainsi qu'elle apparut couverte de forêts à ses premiers découvreurs.

     Sillages de navires et lumière des phares...les yeux se tournent vers cette terre ourlée de rivages écumeux et de falaises escarpées. La mer, les vents, la pluie l'ont sculptée dans le tumulte de reliefs tourmentés : à-pics, plissements, effondrements, vallées encaissées et sommets altiers où s'effilent les nuages.

      Grâce à sa latitude, à la richesse offerte par la nature volcanique de ses sols, aux différents niveaux d'altitude ainsi qu'à l'exposition de ses côtes, l'île abrite une flore dont la densité et la variété sont exceptionnelles...jardins publics et privés, potagers, flancs de collines, avenues, vergers, bords de torrents, la densité végétale est extraordinaire... jusque sur les étalages des fleuristes qui illuminent marchés et coins de rues. Flamboyants, protéas, palmiers, hortensias, agapanthes, oiseaux du paradis, jacarandas, bananiers, hibiscus, bougainvillées, fougères, fruits de la passion, dragonniers... la liste est interminable.

   Le regard est sans cesse sollicité par cette végétation omniprésente dont les variétés et les couleurs s'égrènent dans un enchantement toujours renouvelé et dont les Madériens s'évertuent obstinément à mettre en valeur la beauté.

 L'oeil aux aguets vagabonde et dans un perpétuel émerveillement s'attarde sur tout ce qu'offrent ces paysages minéraux, végétaux et humains, il butine de coucher de soleil en parterre de fleurs, de falaise en clocher d'église, puis se faufile dans une vallée étroite, emprunte le lit d'un canal d'irrigation au milieu des vergers, se perd dans une forêt de lauriers, entreprend l'ascension du flanc d'un volcan et s'arrête sur les cimes d'une ligne de crêtes dessinée dans les brumes.   

       Madeira, là où l'instant présent se confond avec l'éternité

L'ILE AUX FLEURS 

JARDINS DE L'ATLANTIQUE